Hex et Go : ex æquo ? En principe(s) oui !

Après avoir sorti un article sur le jeu de go, à l’occasion de la Japan Expo 2017, Numerama vient de publier un article sur un autre jeu ayant beaucoup de liens avec le go : le Hex .

À lire sur Numerama : Vous avez fait le tour du jeu de go ? On vous explique comment jouer au jeu de Hex

L’un de ces liens est précisément l’animation : ce jeu a été principalement diffusé en France par le Comité International des Jeux Mathématiques (CIJM), qui nous invite chaque année au Salon Culture et Jeux Mathématiques, place Saint Sulpice à Paris (voir billet Le jeu de go sur la chaîne Domus Caesaris).

Animations

Et pour cause : les deux jeux ont énormément de points communs, notamment d’un point de vue pédagogique, que ce soit en initiations ou animations en milieu scolaire. Bref, telles des pierres de Go, ils « travaillent » bien ensemble … de même que leurs joueurs 🙂

C’est en tout cas le cas depuis près d’un an, comme vous aviez pu le lire sur le blog de la Revue Française de Go (RFG) dans Le go met de l’animation à Paris !, où je vous indiquais que le Go et le Hex avaient fait l’objet d’une présentation commune par Mickaël Launay, Tristan Cazenave et votre serviteur.

Quand à Loïc Cellier, qui vous présente le jeu dans l’article de Numerama, c’est contre lui que j’avais « manqué de peu de gagner ma première partie au jeu de hex ». J’ai d’ailleurs récemment eu l’occasion de tenter à nouveau ma chance à la Cité Internationale Universitaire lors de la Fête de la Cité, où il tenait un stand sur le Hex … et avait même apporté un Goban !

Il était également venu prêter mains fortes sur le stand de la Japan Expo, où il a d’ailleurs pris en charge certains tournois d’Atari-go 5 pierres.

Jeu de Hex

Nous avons donc pu bénéficier de son expérience dans l’organisation de tournois, en particulier avec l’Open de Hex 2017, qui cette année recevait la visite du fils du créateur de jeu. Et on pourrait même dire de l’un de ses créateurs, puisque ce jeu a indépendamment été inventé par John Nash, un homme d’exception.

Un homme d’exception étant une référence au film éponyme, consacré à ce mathématicien de génie … et film où l’on peut voir du go ! At0mium en parle dans sa vidéo sur Hikaru no Go :


Il a également fait d’autres vidéos d’initiation au go, que nous avons référencées sur la chaîne de la FFG (playlist Présentation du jeu de Go) : https://www.youtube.com/c/FederationFrancaisedeGo. Bien sûr, nous ne pouvons qu’être d’accord avec son conseil de venir dans l’un des clubs de la FFG 🙂

Concernant le Hex, je ne peux que vous renvoyer vers la chaîne MicMaths :

Outre une présentation du jeu et des stratégies de base, il y présente également l’intérêt de ce jeu d’un point de vue mathématiques. On peut, entre autre choses, démontrer (au sens premier du terme) qu’il y forcément un vainqueur.

Intérêt pédagogique

Bien évidemment, les objectifs et les stratégies diffèrent entre les deux jeux :

  • Le Hex a pour objectif de créer un chemin (ou d’empêcher l’autre d’y arriver, puisqu’il n’y a pas de parties nulles) ;
  • Le Go a pour objectif le contrôle de l’espace (territoires et/ou surfaces en fonction de la formulation des règles).

A première vue on pourrait se dire que le Go a un objectif plus proche de l’Othello, avec qui nous avons d’ailleurs fait stand commun à la Japan Expo ou lors de la finale du championnat jeune de Scrabble (cf. Le go met de l’animation à Paris !)

En terme de finalité c’est probablement vrai, mais de fait la réflexion en tant que joueur est beaucoup plus proche entre le Hex et le Go. Beaucoup de principes stratégiques sont communs : séparer l’adversaire, éviter les coups de contact, …

Et d’ailleurs, si l’on doit faire une rapide comparaison entre les deux jeux, force est de constater que le Hex est peut-être l’un des seuls jeux vraiment plus simple que le go car il n’existe pas de situations « particulières » : pas de capture, pas de vie mutuelle (seki), pas de kô, …

Mais, à contrario, ce jeu à les inconvénients de ses avantages : il n’y a ni capture, ni vie mutuelle (seki), ni kô. En d’autres termes, le Hex a une simplicité qui le rend moins riche sur certains aspects, par exemple par l’absence de tsumego (exercices de capture/survie).

Au premier abord on pourrait se dire que le tsumego a peu de rapport avec les initiations, puisque c’est plutôt un exercice pour joueurs confirmés : il n’en est rien, puisque c’est l’approche que vous retrouver sur jeudego.org (et avec laquelle j’ai personnellement appris à jouer).

De même, l’approche par exercices de capture (où l’on réfléchit sur le jeu plutôt que d’affronter un adversaire) est la démarche que j’ai expérimenté dans un club mathématiques … à l’invitation de Loïc (voir méthodes pédagogiques).

Mais s’il ne faut retenir qu’un seule chose du lien entre Hex et Go, c’est que ce sont deux jeux qui ne demandent que quelques secondes d’explications pour commencer à jouer.

Ce qui les rends accessibles à tout public, ce qui est probablement l’essentiel 🙂

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